06/07/09

ABC du gothique - fiches 49 à 52

Fiche n°49

Il venait de perdre sa bien aimée, il la fit clandestinement exhumer par un médecin, qui lui rapporta dans une boîte d’or, le cœur de la défunte. Il s’enferma alors pendant une année entière dans un appartement dont il avait fait condamner les fenêtres et tendre les murs de noir.

Fiche n°50

La fatalité de l’amour qui va se répandre dans toute l’Europe est né d’abord en France, va trouver sa réalisation en Angleterre, dans le roman Gothique et revenir en Europe, tout auréolée de gloire romantique.


Fiche n°51

Le roman Gothique développe le coup de foudre.


Fiche n°52

« se gorger d’horreur »
en avoir plein la gorge, à en vomir.
Beauté de l’horreur.

04/07/09

éloge de la dissipation

01/07/09

ABC du gothique - fiches 47 à 48

Fiche n°47

Louis Sébastien Mercier écrit : « Les gens de goût de se récrier, mais le peuple n’écoute pas les gens de goût : il va où il est ému, il va où il trouve de l’intérêt. Ces revenants, ces spectres qu’on évoque sur les théâtres et qu’on se plaît à contempler sont le reflet des journées révolutionnaires : le peuple se plaît dans le fantasmagorie, à voir l’ombre de Robespierre ; elle s’avance, un cri d’horreur s’élève ; tout à coup sa tête est détachée de son corps, un terrible coup de tonnerre écrase le monstre, et des acclamations de joie accompagnent la détonnante fulmination. »

Fiche n°48

Le Roman Gothique « devenait le fruit indispensable des secousses révolutionnaires dont l’Europe entière se ressentait. Pour qui connaît tous les malheurs (1) dont les méchants peuvent accabler les hommes, le roman devenait aussi difficile à faire que monotonie à lire ; il n’y avait point d’individu qui n’eût éprouvé d’infortune, en quatre ou cinq ans, que n’en pouvait peindre, en un siècle, le plus fameux romancier de la littérature. Il fallait donc appeler l’enfer à son secours pour composer des titres à l’intérêt, et trouver dans le pays des chimères ce qu’on savait couramment en ne fouillant que l’histoire de l’homme dans cet âge de fer. »

note :

(1) « Le monde est plein de braves gens qui prennent les autres pour des bandits : derniers représentants d’une classe destinée à disparaître. Petits artisans, aux méthodes désuètes qui travaillent avec d’anodines pinces-monseigneur, sont étouffés par les grandes entreprises appuyées sur les banques. Qu’est-ce qu’un passe-partout comparé à une action anonyme ? Qu’est-ce qu’un pied de biche face à une obligation ? Qu’est-ce que le cambriolage d’une banque comparé à la fondation d’une banque ? Qu’est-ce que tuer un homme comparé au fait de lui donner un travail rémunéré, à vie, de fonctionnaire. »

28/06/09

we can be heroes




R.L. Stevenson
(1850-1894)


"Aujourd’hui, chacun est contraint, sous peine d’être condamné par contumace pour lèse-respectabilité, d’exercer une profession lucrative, et d’y faire preuve d’un zèle proche de l’enthousiasme. La partie adverse se contente de vivre modestement, et préfère profiter du temps ainsi gagné pour observer les autres et prendre du bon temps, mais leurs protestations ont des accents de bravade et de gasconnade. Il ne devrait pourtant pas en être ainsi. Cette prétendue oisiveté, qui ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses qui échappent aux dogmes de la classe dominante, a tout autant voix au chapitre que le travail."

14/06/09

"tu es amoureuse"

Tu es amoureuse et tu penses à lui.
Tu es amoureuse et tu sais qu’il pense à toi.
Tu penses à lui pensant à toi.
Tu penses à lui qui pense à toi pensant à lui qui pense à toi.
Tu es amoureuse et vos pensées vous lient, vos pensées sont les pansements des moments que vous ne passez pas ensemble, ces moments où vos corps ne sont pas l’un à côté de l’autre.
Tu es amoureuse et tu soignes l’absence avec des pansements de pensées.
Tu es amoureuse ; et toi et lui, vos pensées pansent les plaies de l’absence, jusqu’à ce que, toi et lui, vous puissiez être enfin ensemble, jusqu’à ce que les pansements de la pensée ne soient plus qu’une pensée passée qui pansait les plaies de l’absence.
Tu es amoureuse et tu sais que la distance n’est rien car les pensées sont là, pansant l’absence.
Tu es amoureuse et tu as confiance en demain, quand les rêves du carnet, du carnet de rêves, seront réalité, et que le carnet deviendra un carnet de réalités.

Tu es amoureuse et tu penses à lui, tellement.

08/06/09

ABC du gothique - fiches 41 à 46

Fiche n°41

Mathilde est Rosario.

Fiche n°42

« Il me semble qu’on n’a pas fait mieux et que le personnage de Mathilde (1) en particulier, est la création la plus émouvante qu’on puisse mettre à l’actif de ce mode figuré en littérature. C’est moins un personnage qu’une tentation continue. Et si un personnage n’est pas une tentation, qu’est-il ? »

Fiche n°43

Mathilde comme magicienne(2).

Fiche n°44

Mathilde comme conteuse .

Fiche n°45

Mathilde entre le vrai et le faux.

Fiche n°46

« Mon père, je suis une femme. »
« L’histoire de ma soeur est la mienne. Je suis Mathilde. Vous êtes celui qu’elle aime. »

Je suis celle qui vous aime.


notes :

(1) Bunuel qui voulait adapter le roman de Lewis au cinéma, imaginait une autre fin que celle écrite : ce n’était plus le diable qui apparaissait au pauvre Ambrosio, mais Mathilde elle-même. C’est elle qui le forçait à signer le pacte diabolique. Et Ambrosio ensuite devenait Pape…

(2) Comme Circé. (de la belle Circé aux seins pointus – ce n’est pas écrit dans l’Odyssée, mais j’ai toujours imaginé Circé aux seins pointus, Calypso aux seins ronds ; et Pénélope avec les seins qui tombent.)

07/06/09

ABC du gothique - fiches 36 à 40

Fiche n°36

Matthew Gregory Lewis, dit « Monk Lewis ».
L’auteur va se confondre avec le personnage, comme Walpole se confondra avec le lieu.

Fiche n°37

Le Moine est le roman d’un jeune homme. Lewis est Ambrosio, Ambrosio est Lewis. Rosario c’est Lewis, aussi. Mathilde c’est lui encore.


Fiche n°38

La première édition du Moine parut en 1796, le 12 mars, trois petits volumes, au prix de dix shellings six pence.
Lewis avait 21 ans.

Fiche n°39

Lewis a la taille petite, il est vif, emprunté. Il a le visage ovale, de grosses lèvres et des yeux saillants. Au moral il est tendre, affectueux et généreux. Il est doté d’une imagination diligente et vivace que nourrit son expérience précoce des déchirements intérieurs.


Fiche n°40

A propos du Moine on peut lire : « Deux cavaliers, une duègne, une ingénue coquettent dans une église à l’heure du sermon : c’est charmant, c’est impertinent, léger, entre Lesage et Marivaux. »

06/06/09

ABC du gothique - fiches 33 à 35

Fiche n°33

« Ce que j’ai à vous dire, j’avais résolu de ne vous le dire qu’à mon lit de mort ; le moment est maintenant arrivé. Vous ne pouvez avoir oublié la morsure que vous fit, il y a quelques jours, un mille-pieds ; le médecin vous abandonnait, déclarant votre blessure incurable, mais pendant que je restai avec vous j’ôtai le bandage et, appliquant mes lèvres sur la plaie, je tirai dehors le poison dont vous étiez infecté. Votre guérison fut complète, mais le mal est passé en moi, et dans une heure au plus j’aurai quitté ce monde pour un autre que je crois meilleur. » (Le Moine)

La résurrection est jeu érotique, on aime(1), on ôte un bandage, on lèche une plaie, on avale.

Fiche n°34

Quand Ambrosio va déterrer Antonia, ce n’est pas un corps qu’il va chercher, c’est une poupée, un fantasme.
« Le corps intact et tout blanc d’Antonia endormie reposait entre deux cadavres en complète putréfaction.(2)»


Fiche n°35

Baudelaire : « un drame de beaucoup supérieur à une foule de fadaises modernes innommables »





notes :

(1)Je t’adore parce que je t’adore, je t’aime parce que je t’aime. Je t’adore parce que tu es adorable, je t’aime parce que je t’aime. Je t’adore comme un fou, je t’aime comme un fou. Je t’adore parce que je t’adore, je t’aime parce que je t’aime. Je t’aime. Je t’aime… à n’en plus finir, toujours écrire les mêmes mots, les uns après les autres, autant de pas de danse que tu fais, que je fais, répétés, encore et encore : « jetaimeparcejetaimejetadoreparcequejetadore » toujours les mêmes sons qui vont sortir de ma bouche, des mots nus, des mots monumentaux, pour te dire encore et encore, toujours et toujours ce que tu sais, oui, parce que je te le dis, « je t’aime, je t’adore », pourquoi ? « parce que je t’adore, parce que tu es adorable, parce que je t’aime ». « Oh redis-les ces mots ! » Et bien sûr c’est reparti, dire et redire, mais dans la joie, sans aucune contrainte, des mots qui se collent les uns contre les autres, qui sortent de ma bouche et vont sur la tienne, des mots de tous les jours, que l’on prononce chaque jour et qui répétés deviennent des monuments. Ce que je répète encore et encore est-il la vérité ? Cela devient-il la vérité parce que je le dis et le répète : « je t’aime parce que je t’aime, je t’adore parce que je t’adore » et que ces mots finissent par t’envelopper comme une douce fourrure, comme un manteau pour l’hiver.

(2)Culte quasi-enfantin de l’oxymoron. Un véritable esprit de contradiction, que ce Lewis. Oh comme cela le rend fatigant, dira Lord Byron. C’est constamment de l’ombre et de la lumière, dira mon ami. C’est ce qui le rend si charmant, aussi, rajoutera-t-il. “L’un et l’autre, l’un sans l’autre, impossible, l’un toujours avec l’autre, couple, toujours. Mais l’un n’est pas le contraire de l’autre, pas les deux faces d’une même pièce qui s’opposent et avec laquelle on joue son destin. Face tu meurs, pile tu vis, à toi de choisir dit le tueur en regardant fixement dans les yeux sa future victime. On ne joue pas à la vie à la mort avec l’ombre et la lumière.L’ombre est la trace de la lumière, sa trace sur le mur, son souvenir. Qui regarde l’ombre se souvient de la lumière.”

01/06/09

ABC du gothique

Ce livre, l'ABC du Gothique, est un livre maquillé, comme l'on dit d'un objet volé. Cette phrase elle-même est une phrase maquillée. Et il en sera ainsi tout au long de l'ouvrage. Il y a un secret, et pourtant personne n'en veut. Ce livre, l'ABC du Gothique est un texte que l'on ne comprendra pas, et à propos duquel on n'osera pas porter de jugement. On ne saura sans doute jamais où l'auteur a voulu en venir...

24/05/09

we can be heroes


Bernard Lamarche-Vadel
(1949-2000)


Dans l'oeil du critique
Bernard Lamarche-Vadel et les artistes