01/07/09

ABC du gothique - fiches 47 à 48

Fiche n°47

Louis Sébastien Mercier écrit : « Les gens de goût de se récrier, mais le peuple n’écoute pas les gens de goût : il va où il est ému, il va où il trouve de l’intérêt. Ces revenants, ces spectres qu’on évoque sur les théâtres et qu’on se plaît à contempler sont le reflet des journées révolutionnaires : le peuple se plaît dans le fantasmagorie, à voir l’ombre de Robespierre ; elle s’avance, un cri d’horreur s’élève ; tout à coup sa tête est détachée de son corps, un terrible coup de tonnerre écrase le monstre, et des acclamations de joie accompagnent la détonnante fulmination. »

Fiche n°48

Le Roman Gothique « devenait le fruit indispensable des secousses révolutionnaires dont l’Europe entière se ressentait. Pour qui connaît tous les malheurs (1) dont les méchants peuvent accabler les hommes, le roman devenait aussi difficile à faire que monotonie à lire ; il n’y avait point d’individu qui n’eût éprouvé d’infortune, en quatre ou cinq ans, que n’en pouvait peindre, en un siècle, le plus fameux romancier de la littérature. Il fallait donc appeler l’enfer à son secours pour composer des titres à l’intérêt, et trouver dans le pays des chimères ce qu’on savait couramment en ne fouillant que l’histoire de l’homme dans cet âge de fer. »

note :

(1) « Le monde est plein de braves gens qui prennent les autres pour des bandits : derniers représentants d’une classe destinée à disparaître. Petits artisans, aux méthodes désuètes qui travaillent avec d’anodines pinces-monseigneur, sont étouffés par les grandes entreprises appuyées sur les banques. Qu’est-ce qu’un passe-partout comparé à une action anonyme ? Qu’est-ce qu’un pied de biche face à une obligation ? Qu’est-ce que le cambriolage d’une banque comparé à la fondation d’une banque ? Qu’est-ce que tuer un homme comparé au fait de lui donner un travail rémunéré, à vie, de fonctionnaire. »

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